Prisonnier du monde des rêves...
Il s'avança loin dans l'ombre des hautes herbes d'une terre de feu.
Les vautours dansaient au ciel, heureux de voir la mort allongée les bras.
L'azur était devenu rouge de mystère et le vent avait rebroussé chemin, comme effrayé par la terreur...
Il s'agenouilla bientôt, le cœur lourd et l'arme au poing
Devant lui un immense gouffre tuant la clarté éventrait le sol comme un entonnoir
Un immense tourbillon d'impureté tournoyait en bourrasque, rempli d'odeurs malsaines
Un souffle pestilentiel fit monter à ses narines une perfide odeur qui le fit se reculer...
Des ombres chuchotaient tout près et des lueurs étranges murmuraient...
Dans le monde cruel des rêves il existe des gouffres sur les basses terres qui s'apparentent à celui-ci...
Mais celui-ci c'était le pire de tous. Puant, noir et sans fond
Un immense trou de centaine de mètres dans lequel se déversait une mer de brume opaque et sombre
Un brouillard au ras le sol qui n'était qu'un amas de souvenirs de gens de l'extérieur...
Les souvenirs et les mauvais rêves...
Ceux qui sont des cauchemars et qui rampent sur les plaines du sommeil
Ces rêves fous qui, songes jadis, causaient à présent de lourdes sueurs nocturnes aux hommes
Ces rêves parfois si lourd à porter qu'ils ne connaissent jamais de dénouements
Des cauchemars insidieux, cruels parfois, qui, quand l'homme s'endort tourmenté, harcèlent le cœur en hypocrites.
C'est ça le pays des rêves
Un monde étrange ou bien au-delà des collines vertes tourbillonnent des rêves impossibles
Des rêves de foules qui chantent l'amour
Il existe aussi vers le sentier des herbes rose, près du grand ruisseau des verbes et de la prose, des rêves purs...
Ceux-là personne au pays des rêves n'a le droit de s'en approcher...
Cela a toujours été ainsi, c'est la loi de ce monde
Ce sont les rêves d'enfants
Des rêves si beaux qui volent au vent
Des songes d'amour, de bambins charmants
Il existe aussi des rêves sans lendemain
Ils s'insurgent dans le sommeil sans arrière pensée
Et comme la musique d'un chant lointain ils repartent sans être certains
Ils se dissipent comme la rosée qu'on voit sécher
Et ne deviennent nul souvenir au matin
Il en existe beaucoup de rêves dans ce pays
Un monde où la nuit nourrit sans cesse le sens même de son existence
Des rêves de milliard de gens
Des rêves qui une fois utilisés, se glissent en douceur, errant ici et là...
Des rêves parfois si beaux que tous les contemplent avec envie
Des rêves jolis qui meurent une nuit
Ils s'estompent près d'un sourire et s'envolent parfois vers le ciel avec la joie comme compagne
Ce sont des rêves si beaux si souvent demandés
Des rêves qui viennent du Très Haut quand il veut bien en donner
Mais aussi, dans ce pays qui n'a rien du paradis, il en existe de bien mauvais...
De longs cauchemars qui surgissent tard
Créant les larmes qui comme une lame
Blessent autant le cœur que de belles âmes
Ce sont des rêves fous de gens jaloux
Ceux des amours perdus...
Des rêves de guerre et de dieux hargneux
Des rêves de viols et de gens non pieux
On y voit aussi parfois des rêves tout bien vêtus
Ornés d'illusions et de salut
De ceux-ci les vautours même s'en éloignent
Ils n'ont de vrais que la façade
Car dans leurs dos tout est si fades
Laids, couverts de trahison et de dégoût
Ce sont ceux là qui s'attaquent à nous
Ils brisent le cœur parfois si profondément
Que bien des hommes ne s'en remettent que rarement
Comme vous voyez des rêves il y en a des milliers ici qui errent, çà et là, rampant sur le sol...
D'autres, des rêves de liberté ceux là, volent au ciel au gré du vent
Et, en ce qui concerne ce récit, il y a les cauchemars...
Les pires de tous, ceux qui piquent comme un dard...
Deuxième partie
À chaque fois qu'il se réveillait c'était pareil
Tout semblait si flou et si vague qu'il ne se souciait plus de ce qu'était sa vie
Depuis la nuit des temps il vivait ici, au pays des rêves et il portait le titre
de Guerrier
Une sorte d'homme étrange vêtu très peu
Ils étaient une centaine tout au plus
Souples et agiles ils portaient tous une grande épée et bien que oui, un solide bouclier
Un bouclier étrange que Dieu avait créé
Fait de cuir d'anges jadis condamnés
Leur vie n'étaient que combat
Ils devaient détruire sans répit les rêves mauvais
Ceux qui souvent pourtant renaissent
Ceux qui rampent au sol comme ce brouillard devant lui
Nul congé n'avaient-ils jamais reçu
Car c'est dans les gouffres comme devant lui qu'ils plongeaient tous
Dans ce tourbillon de mystère et d'incompréhension
Se battant contre des ombres et de fausses illusions.
Leur vie c'était ça que Dieu avait choisi
De la renaissance au trépas
Détruire les rêves jusqu'à mourir
Ces rêves stupides qui font souffrir