
À en perdre la tête. . .
Par une bien belle journée de printemps
En ce temps, avions très peu de passe-temps,
Georges et moi, vers la Porte de Béthune
Nous nous dirigions à grands pas.
Dans nos poches, juste quelques thunes *
Du lait, en aurions-nous ou pas ?
Nous avions notre pot au lait
Souvent n’avions que… le petit-lait
Et, très beau si nous en avions !
Il fallait faire souvent la queue
Pour rien. De plus, le fermier un belliqueux.
Mais la vie est dure en temps de guerre
Depuis quatre ans, rien n’est comme naguère.
Les bombardements alliés, les ruines…
Et les morts s’accumulent, comme les ruines.
En quarante trois, c’est le tournant
L’attaqué. . , devient l’allemand
Celui qui régnait sur l’Europe
En ces temps, n’était que misanthrope
Seule la race Arienne est suprême
Pour les autres.., la solution extrême.
Nous avions l’habitude à deux
De parler du boche, bien qu’hasardeux…
De parler de cette guerre mais
Aussi de l’après guerre, désormais
Plus rien ne serait jamais pareil. . !
Brusquement. . , le bruit des appareils…
La Flaks ** allemande se fait entendre,
Il y aura de nouvelles tombes. . .
On entend le sifflement des bombes
Qui tombent, et sans plus attendre
Les sirènes hurlent l’état d’alerte
Heureusement à notre âge, sommes alertes
Nous courrons nous mettre à l’abri
Les bombes éclatent. . , le ciel s’assombrit
Nous, nous sommes sous une porte cochère…
Là dessous nos vies ne valent pas chères
Mais n’avons vraiment pas eu le temps,
Bombes et éclats d’obus percutants !
Les bombes éclatent partout autour de nous.
Maisons qui s’écroulent, aïe… mon genou
Crie Georges, il regarde… mais il n’a rien
Il aura une marque… souvenir aérien ?
Soudain.., le silence, le silence de la poussière…
Beaucoup de poussière, elle en est outrancière
Car en dessous, des plaintes.., des cris…
Maisons écroulées, des gens ensevelis
Des blessés, des morts sous les décombres
Dans quelques jours on saura le nombre !
On entend bientôt le Pin-pon des pompiers
Combien d’ensevelis resteront prisonniers
Faute de moyens. . ? Ils y trouveront la mort.
Souvent ces scènes, je me les remémore…
Là où nous nous trouvons Georges et moi,
Près du dépôt des tramways, quel émoi
Soudain m’étreint.., la maison… un amas
De gravats, je crois lire Alexandre Dumas…
Où est l’ami, le copain de mon père ?
Georges me crie… Lucien ! Viens ! Il y a un corps…
Je descends les gravats… J’ai un haut-le-corps
Du pied j’avais heurté une pierre. . . Non, une tête
L’ami de mon père… Hurlons à tue-tête
Georges et moi, puis.., peu à peu sommes calmés
Un pompier est venu, nous l’avons informé.
Puis, nous sommes retournés chez-nous
La Tête basse, sans parler, que nous dirions-nous ?
Georges, je crois qu’il en a parlé à ses parents ?
Moi, à ma mère 5 jours après, d’un calme apparent.
Lucien Le Morvan
llmchinron039159.St-Séverin-de-Beauce. Québec. Canada.29 juin 2010. Toute reproduction totale ou partielle formellement interdit sans un avis écrit de l’auteur ou de ses héritiers légaux.
· Thunes : de l’argent, des sous
· Flak : D.C.A. canon de défense aérienne de l’armée allemande guerre 1939-1945

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