Terrain aride ou rides ?

Ce grand terrain aride
A sillons, comme rides
Qui façonnent mon visage,
Marquant ainsi mon âge.

Un terrain plein d’histoires
Mais parfois, péremptoires
Du colon et de son implantation
Et de ce terrain, son acquisition.

Et ses taches brunes marquant
Mon corps, signes assez éloquents
Du corps en changement et, vieillissant
Mais, n’est pas toujours appétissant.

Un lot qui est attribué
Au premier arrivé, distribué.
Il faut d’abord le défricher
Sans savoir ce qu’on va dénicher.

J’ai une tache au bas de la joue
Avec elle, ma petite fille, joue
Elle a des petits enfants, la candeur,
Quand j’arrive, elle la vérifie avec ardeur.

Dix-huit-cent-douze - dix-huit-cent-quatorze
La guerre, mon grand-père, son âge ? Quatorze !
Il doit faire feu sur les assaillants
Se sont des américains malveillants.

Les petits enfants on la pureté
Ils ignorent l’animosité
Ils ne voient et ne connaissent la laideur,
Certains parents en ça, seront ambassadeurs.

Mon père a parachevé les sillons
Sur cette terre aride. Sonne, toi le carillon…!

Il est mort en héros sur sa terre
Et non Messieurs, pas pour l’Angleterre.

Ma petite fille verra t-elle ce terrain
Se rappellera t-elle mon visage ?
Verra t-elle le clocher de ce village
Où ses ancêtres furent déjà, souverain ?

Lucien Le Morvan

llm039159chinron.St-Séverin-de-Beauce.Québec, Canada.
20 août 2010. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite
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