Le train du bonheur

Comme chaque matin et toujours à la même heure
Je le regardais, ce jour, je suis voyageur du long train
Il est, paraît-il…, le train du bonheur.
Dès qu’il passe sur le Pont de Chartrain
Le Merle d’Amérique se met à chanter
On a l’impression que ce train l’enchante,
Et dit-on, il ne sait plus comment s’arrêter
Sauf, quand sa femelle arrive et se fait aguichante
Et dès lors, il lui fait les yeux doux.
Alors son chant devient plus harmonieux.
Elle est vraiment charmée, elle fait son guilledou
Lui devant elle, il se pâme, il est radieux,
Mais c’était sans compter sur le Moqueur
Qui pour s’amuser, comme polyglotte
Imite à merveille le merle, c’est un trafiqueur.
La femelle tourbillonne folle de joie, lui sanglote
De rire de voir le merle trompé et.., désemparé.
Mais heureusement, de son aimée il n’est pas séparé
Ils partent tous les deux, heureux de s’aimer.
Le Moqueur polyglotte lui aussi a su charmer.
Le couple est parti, regagnant leur nid douillé
Le Moqueur de son exploit, en est tout émoustillé.
Et le long train continue son chemin
Au loin, on voit la Capitale s’éloigner.
Oh ! En arrière du jardin, du jasmin…
Leur parfum attire les abeilles, à les faire trépigner.
Tien, voici un Cardinal à poitrine jaune.
Le chant du cardinal ressemble à celui du Merle
Mais, plus mélodieux. Oh un autre, c’est un béjaune
Il suit l’un des parents. Mais quel est ce gris perle ?
Perle, il l’est par le soleil, c’est le grand héron qui s’envole
Avec lourdeur du fossé au passage du train
En poussant son cri guttural, il revole
Mais choqué d’avoir été contraint
De devoir le faire, alors qu’il guettait une souris
Qui elle, était morte de peur de voir ce très long bec
Elle le regardait fascinée, mais aussi ahurie…
Ce bec lui semblait aussi grand, que le Québec !
Le long train lance son sifflet si particulier…
Son Wouing… wouing résonne dans la campagne verdoyante
Ces oiseaux à ce sifflet strident, y sont familiers !
Des yeux rieurs et une barbe chatoyante,
Le vieux Monsieur assit devant moi est attrayant
Il me dit : «ça fait 27 ans que je prends ce train
Chaque fois, avec les oiseaux, mon voyage est distrayant
Par leurs vols, leurs chants, de vrais boute-en-train !».
Il continue de me parler mais.., sa voix s’estompe…
Elle devient un murmure… Soudain… Ho ! Une Alouette
Hausse-col, celle-ci à une raie blanche…
Les yeux me piquent, la voix du Monsieur…, sa silhouette…
Barbe blanche.., la gorge jaune de l’alou…, Gare Robertlanche..!
Un brouhaha.., je me réveille… confus.., Montréal ?
Plus d’oiseaux ? Du monde.., là-bas…, mon beau-frère, Réal !

Lucien Le Morvan

llm093159chinron.St-Séverin-de-Beauce.Québec, Canada.
31 août 2010. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite
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