L'or des matins
Très tôt quand elle se sent d'humeur légère
La fille d'en haut, un oeil, à sa fenêtre claire
Vers la lune ronde comme un bracelet
Reflète sous le manteau du ciel un regard troublé.
Elle s'affaire aux tâches de la maison,
Et tremblante de toute sa raison,
Il lui faut sans compter son litre de café
La chevelure tombant de son ruban défait.
Elle revient du grand désert de sa nuit lyrique
Peuplée de visions fantasmagoriques.
Elle est là l'œil noir plein d'espoir
Au souvenir du livre de sa mémoire.
Est-ce un rêve dérisoire, un cauchemar?
Est-ce une réalité stérile, un hasard?
De s'être confrontée à ses bourreaux assassins
Elle demeure irrésolue dans ses desseins.
Elle qui voulait savourer les choses,
Dans la maison aux portes trop closes
Le sourire absent de l'enfant
Crie plein de regrets acérés vers le néant.
Les fleurs de sa chair sont meurtries
Pleines de lourds châtiments contrits.
Dans sa quête d'un amour sidéral
On lui a volé sa tendresse natale.
Elle ressasse tout ça dans sa tête
Comme un parfum qui embête,
Et sur son cœur ruisselant de baisers
Elle s'avance aux sources édulcorées.
Elle sourit à la vie si fragile,
Et de son pas presque agile
Elle remonte le raidillon du bonheur
Pour ne goûter que la saveur.
Les fautes elle les jette en poignée de maux
Comme on donne à manger aux oiseaux.
Pour se donner tout entière à sa guérison
Elle devient marchande de saison.
christinelisse@hotmail.com
Pseudo: horizon lointain
Sète "quartier de quilles"
Vendredi 31 janvier 2003 21h30
