
Pas facile...
Pas facile de se suivre de près, quand la distance s’en mêle…
Quand tout rapproche, mais qu’un rien fait, que tout, s’emmêle
Pas facile… de se retrouver sur les bords, d’une intimité publique,
Qui se livre à demi mots, comme un voile soulevé, impudique
Pas facile…je sais… pas facile…. D’atteindre nos refuges,
Quand tous ces mots fusent comme un déluge…
Et ce soir, tous mes mots s’évadent, loin de moi, ils désertent mes ancrages
Pour s’aller perdre Dieu sait où, plus loin que toutes mes images
Un de ces soirs néant, qui se bluese sur les non-dits
Un de ces soirs, où on croirait presque, que tout est dit
S’il n’y avait, cette lumière d’ennui, qui pousse quand même,
L’encre à souiller le papier blanc, de ses goûts des extrêmes…
Extrême d’envie, d’envie de rien, d’envie de tout, d’envie d’ailleurs
Ailleurs plus loin que les chemins connus, qui ne rendent, ni pire ni meilleur
Que l’on suit comme un parcours obligé pour se rencontrer au tournant
Pour être moins seul, sur le grand livre de son roman…
Mais à quoi ça ser,t ces fragments de vers que l’on rejette
Comme des déchets envahissants qui nous égratignent la tête…
Charrue humaine qui blesse, nos sillons de rêve et d’illusion
Au rythme des passages répétés, sans cesse au cœur de la raison
A retourner les terres infertiles pour y faire pousser une identité
Identité de quoi ? Identité de qui ? qui veut s’imposer….
Mais au fichier central, y a rien qui est listé…
Au fichier central, y a pas une graine qui a germé…
Harassé, éreinté, on ne sait plus si on va se relever
Relever la tête, fort aise, ne jamais la garder baissée
Dans un corps qui souffre d’un mal qui ne peut pas guérir
D’un mal à l’être qui rend mal à l’aise tous les à-venir
Rien qu’un peu de maux sur de tourmentés émois
Loin du regard accusateur et bienveillant, tour à tour les deux à la fois…
Comme un message crypté, qui défilerait en contre-jour
Sur les murailles d’un château fort qui s’épuise,
A maintenir robustes des garde-fous qui s’amenuisent
Des donjons de fortune, château de cartes qui s’écroule sans secours
Pauvres châtelains assaillis, qui lorgnent vers les douves
Pour y noyer tout ce qui se découvre…
Pas facile…. Pas facile….Dormir encore un peu
Se réveiller comme dans un rêve, aux prises avec un nouveau demain
Demain qui roule en cercle sans fin, luisant comme un bijou d’orfin,
Qui étincelle dans nos mains chétives, et nous fait pourtant le cœur joyeux
Joyeux anniversaire……Chassez donc les dernières chimères
Pour enfin voir rayonner autre chose qu’un plaisir éphémère…
Meg (aout 2001)

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