
Blanfard
C'était Blanfard, un tout petit rat.
Des feuilles d'osiers, il n'avait que pour draps.
Comme il rêvait d'avoir un douillet lit,
Hélas ! il en detenait point le prix.
Un jour, il emprunta à son voisin, le hibou.
Et celui-ci lui prêta sous les feuilles d'un houx.
Presser par son idéal, il courut à fond de train,
Manquant le pas, il tomba et perdu fut son bien.
Tristesse et chagrins, il ne put que ramener.
Pour le rien qu'apporta ce prêt, il dut peiner.
Pendant tout ce labeur, il n'avait que réfléchit.
" Mais sur ce maigre pucier, j'ai toujours bien dormi ".
Bousculer par l'ardent désir d'un rêve à peine imaginé;
L'insouciance impunie nous apparente à un créancier.
User par la réalité, la saveur d'un songe devient banal.
La rêverie est éphémère, mais rendre un dû fait encore mal.
et celui-ci qui me rappelle de beaux souvenirs : Je me rappelle
Je me rappelle des délires de tels
Comme nous... allant à la besogne,
Cherchant femme ou bien une onde;
Soit le sein tiède, ou le suc vermeil.
L'ombre était le désirable berceau.
Sa couverture sombre sur les amours.
Parsemant ses ilots alentour,
Le printemps couvait son enclos.
Le printemps, un soir de Jonquière,
Le dégel prenait le nom d'une fête,
Rassemblant tous ces amants fièvreux.
Amants de femmes ou d'éthyliques ondes,
Sous les vents musicaux et radieux.
Besognaient à faire naître des mondes.
Dominic Francoeur

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