SOUS LES TILLEULS DE SAINT-SERNIN


À force de compter les jours
Sur les doigts des arbres sans feuille
Déjà mon printemps tournait court
Et mon été tournait de l'œil
Je n'aurais pas donné bien lourd
J'en avais presque fait mon deuil
Que l'amour me prenne de court
A Saint Sernin sous les Tilleuls

La ville inaugurait juillet
Et l'après-midi était doux
Des passants lentement passaient
Vous m'aviez donné rendez-vous
Des bouquets de feuilles dansaient
Comme des vitraux un peu flous
Le cœur battant je t'espérais
Et Saint Sernin sonnait trois coups

Nous avons marché doucement
Sans même nous prendre la main
Tu t'arrêtais de temps en temps
Devant la grille d'un jardin
A l'ombre d'un cloître roman
Nous écoutions dans le lointain
Les notes portées par le vent
Du carillon de Saint Sernin

Alors nous avons oublié
Les cailloux des mauvais chemins
Et les larmes mal essuyées
Qui nous empoisonnaient les reins
Et c'est ainsi qu'un soir d'été
Devint notre premier matin
L'un à l'autre nous sommes nés
Sous les tilleuls de Saint Sernin

À force de compter les jours
Sur les doigts des arbres sans feuille
Déjà mon printemps tournait court
Et mon été tournait de l'œil
Mais l'amour a fait un détour
Et s'est arrêté sur mon seuil
Depuis nous revenons toujours
A Saint Sernin sous les tilleuls.


Christian Carpentier








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