ÉPISTOLE D'ARRIÈRE-SAISON
C'est peu d'être poète, il faut être amoureux.
Boileau
O ma frangine violine
Trente-six scieurs de long
Violentent les violons
De tes nuits de mousseline
Je cueille dans tes jardins
Des paroles insensées
Des soucis et des pensées
Léger comme un baladin
Sans fifre ni mandoline
En attendant tes retours
Je m'enferme à double tour
Dans ma tour de tourmaline
Le temps fausse ma chanson
Mon ange a des engelures
Quand ta voix sur ma voilure
Brode un air de sa façon
Les fées tristes du bitume
Sont de mèche avec la Mort
Quand je trempe ma plume or
Dans la mer dans l'amertume
O ma belle déraison
Vêtu de mélancolie
Je patauge dans la lie
Roussâtre de la saison
Robert VITTON, 2000
