
Lettre d'adieu
Je suis mort...
Quand et de quelle manière ? Cela devait être hier à l'heure ou tu liras ces quelques lignes. Non, ne pleure pas, c'était une mort calme, une mort sereine, une mort telle que chacun devrait être en droit de mériter à la fin de sa vie. Oui, c'était une belle mort, en tout cas plus belle que la vie qu'il m'a été donné de vivre ces quelques années.
Il faisait doux et le soleil brillait dans le ciel, parfois voilé par une fine couche de nuages qui flottaient, portés par un vent de printemps. C'était si beau ! Tout était verdoyant, les fleurs venaient tout juste d'éclore et la rosée du matin n'était pas encore tout à fait dissipée, si bien que les couleurs semblaient briller sous l'astre rayonnant. Une douce senteur de forêt planait dans l'air joyeusement accueillie par de clairs chants d'oiseaux.
Vraiment, c'était magnifique, j'en avais des larmes aux yeux. Le monde est si beau... Si seulement les hommes ne passaient pas leur temps à le rendre laid... Il me semblait que ce voyage était comme un retour aux sources. L'eau clair d'un ruisseau qui chante, un vent frais qui fouette mon visage, seul, perdu au milieu de la beauté d'un cadre oublié de la folie humaine. Et cette falaise, immense, profonde, et l'écho du torrent qui chantait dans son fond... Tout était si beau... Et pourtant, j'en avais la certitude, tout n'était plus pour moi. D'acteur j'allai devenir auditeur. Cette vie qui fut mienne allait retourner au néant d'où elle provenait...
J'ai baissé les yeux vers le vide. Était-ce un sentiment de réconfort qui m'a alors traversé l'esprit ? Je ne saurais l'expliquer. Tout paraissait alors si simple : les arbres, le vent, le vide, sauter... La fin des tourments qui hantaient mon âme et la certitude de ne rien perdre, bien au contraire.
Ma mère, mon père ou celui qui lit ces mots, je devine les larmes qui te montent aux yeux. Il ne faut pas. Crois-moi, mes derniers moments furent les plus beaux ! J'avais en moi le calme de celui qui sait ce qu'il est et ce qu'il sera. J'avais été malheureux, et j'allai simplement disparaître. Et, entre ces deux états se trouvait un sentiment de paix absolue qui me submergeait alors. Avais-je des regrets ? Un seul, celui de laisser le monde tel qu'il était. Cela me rongeait l'esprit, seule fausse note dans cette mélodie qui s'achevait. Je ne crois pas que l'humanité possède un quelconque espoir. Je ne crois ni en Dieu ni en Belzébuth, et je crois qu'à ce moment rien ne subsiste de ma conscience, remplacée par la capacité simple et merveilleuse d'écouter la musique... Néanmoins, je voulais, avant de mourir, te dévoiler la vérité. Alors j'ai pris ma décision : raconter. Raconter l'horreur de cette vie qui fut mienne, raconter ma tristesse, mes espoirs brisés par ce monde... Mais ces mots ne constituent pas un message de malheur, mais bien d'espoir. Espoir que, dans chaque instant, dans chaque situation, il nous reste toujours le choix de tout arrêter, de dire " stop "...
Voilà ma contribution au monde : informer ceux qui n'y croient plus que cette possibilité extrême n'est pas toujours la moins bonne. Que le monde n'est pas tout, mais qu'en le quittant, nous accédons au tout sans plus en faire partie...
Ces lignes que tu lis en cet instant forment donc mon dernier message au monde. Laisse moi te conter pourquoi, moi, j'ai décidé de mettre fin à ce jeu stupide qu'est la vie, alors que personne ne semblait soupçonner mon geste...
Donc me voilà, assis au sommet de cette falaise, à écrire les derniers mots que mon âme est capable de formuler... C'est difficile mais aussi tout simple. J'avais tout ce qu'un jeune homme pouvait espérer de la vie : famille, éducation, possibilité de faire quelque chose de mon existence. A présent, personne ne saura ce que j'aurais pu être... Ingénieur ? Écrivain ? Ces deux projets étaient miens, mais comment savoir à présent ?
J'avais des parents attentionnés, tout le confort matériel qu'un jeune homme est en droit de désirer... Mais aussi, j'avais ce sentiment d'absurdité qui m'a poursuivit tout au long de ma jeunesse jusqu'à cet âge ou tout semble possible : vingt ans. Mon âge, l'âge de ceux qui espèrent, et pourtant l'âge que jamais je ne dépasserai...
Quel était ce sentiment d'absurdité ? Sartre l'aurait appelé la " Nausée ". Moi, je ne lui donnais pas de nom. Simplement, je ne comprenais pas où tout cela devait mener. La réalité n'était pour moi qu'un rêve dont je tentais de m'éveiller par tous les moyens. Et ces moyens étaient nombreux : je lisais beaucoup, j'écrivais parfois aussi, je me plongeais dans des univers merveilleux situés à des mondes de ce que certains nomment la réalité.
Étais-je heureux ? Les songes m'apportaient un grand réconfort et la réalité semblait supportable. Non, je crois que je n'étais pas heureux, mais j'aimais pourtant, chose étrange, avoir ce sentiment de ne pas être à ma place en ce monde. Cela me donnait l'impression d'être quelqu'un. Or sur cette terre peuplée d'hommes qui se ressemblent tous, le sentiment d'être quelqu'un est quelque chose d'important.
Mon essence était le rêve, et la vie semblait un accident. Mon corps était une prison qui toujours ramenait mon esprit dans la réalité.
A présent, presque joyeux au sommet de cette falaise, j'ai la certitude que tout n'est que musique. C'est cette certitude qui m'a amené ici... Après tout, la musique n'a-t-elle pas cette capacité d'éveiller en nous des images, des sensations, des sentiments parfois proches de la réalité ? Et cette musique n'est pas une, mais infinie ! Chaque rêve, chaque chose qui n'a pas été et chaque chose qui pourra être n'est qu'une mélodie. Chaque créature de ce monde en est un instrument qui fabrique les musiques de l'univers. Mais la réalité, quelle est-elle ? Je crois qu'au milieu de ces musiques, il en est une plus forte, plus vibrante que toutes les autres. Et cette mélodie que l'on nomme réalité est si puissante qu'elle occulte toutes les autres qui se retrouvent réduites à l'état de chimères dont on ne peu que percevoir l'écho... Et, dans cette certitude, je suis également certain que si la réalité est la plus puissante des musiques, c'est aussi la moins belle. Toutes ces notes disgracieuses, tous ces accords imparfaits, ces rythmes qui oscillent sans cesse ! Musique de folie ! Musique du chaos ! Alors, si je suis un instrument, je me refuse à jouer cette horreur, cette symphonie sans queue ni tête au rythme endiablé !
J'imagine ce qui doit te passer par la tête : " Il est mort par folie ". A cela je réponds que je n'étais pas fou, pas plus que je ne le suis en écrivant ces lignes. Non, je crois même, qui plus est, que j'étais l'un des seuls capables de discernement, et c'est bien le monde tout entier qui est plongé dans une folie sans fond... D'ailleurs qu'est ce que la folie sinon une vision du monde différente des masses ? Si cela est la folie, alors je te l'accorde, j'étais fou, fou à lier, mais je persiste à croire qu'alors cette démence était plus réelle que toutes ces illusions d'espoir que représente le monde.
Mais je m'égare... Tout est si idyllique ici que j'ai peine à ne pas laisser mes pensées s'égarer. Allons, il faut que je me concentre. Dans quelques instants, tout cela n'aura d'ailleurs plus beaucoup d'importance...
Donc laisse moi continuer. Je suis jeune, je vais mourir, et cela emplit mon âme de calme absolu. Pourquoi cette volonté de mettre fin à mes jours ? Comme je l'ai déjà expliqué, je n'aimais pas cette existence, mais mes rêves la rendaient supportable. Je savais que quel que soit le monde dans lequel je me trouvais, il en existait toujours un autre plus beau, plus pur, dans lequel mon esprit avait la possibilité de fuir...
Quels étaient mes projets pour l'avenir ? Simplement gagner ma vie suffisamment pour que les contraintes matérielles ne constituent pas un problème et que je puisse continuer de visiter les chimères qui hantaient mon âme... Simple en apparence, et si rien n'était venu perturber cette vision du monde que j'avais alors, je ne serais pas là, au sommet de cette falaise, à écrire ces mots pour toi.
Voilà, je l'ai écrit. Quelque chose a changé dans ma vie. Quelque chose de merveilleux et tragique à la fois. Ce fut une révélation, la découverte de la vérité absolue... Cette révélation a découlé d'un long processus de réflexion. Quelle fut l'origine de ce processus ? Quelque chose dont je m'étais toujours moqué jusqu'ici... Quelque chose qui m'a détruit pour mon plus grand soulagement. Certains appellent ce quelque chose " l'amour ". Pour moi, " amour " n'est qu'un nom bien insuffisant pour expliquer cette cascade de sentiments qui commença subitement pour aller se terminer, quelques semaines plus tard, par cette révélation de la vérité qui me mène au sommet de ce vide.
J'ai presque honte de moi pour ce que tu peux t'imaginer. Non, je ne suis pas mort d'un chagrin d'amour, bien que les faits semblent l'indiquer, non, je ne suis pas un lâche incapable de surmonter sa passion. L'amour n'a fait que m'ouvrir les yeux un peu plus. L'amour n'a été que le début de la fin. Il y a tant de choses à raconter, tant de sentiments et de révélations entre cet amour et le moment précis ou j'ai décidé que j'avais assez vécu...
Laisse-moi d'abord de raconter cet amour. Tout d'abord sache que jamais je n'avais était amoureux. Mes rêveries m'avaient souvent amené à espérer un jour rencontrer la personne idéale. Et, soudain, ce fut comme si rêves et réalité s'étaient mélangés en un endroit précis pour donner naissance à la plus belle des choses qu'il m'ait été donné de voir ou de rêver. Je ne veux pas la décrire, car l'amour est quelque chose de subjectif. Je voudrais simplement que tu comprennes une chose. A mes yeux, elle était tout en couleur alors que la réalité ne semblait que vaguement esquissée de noir et de blanc. Elle était une cascade d'or et de diamants au milieu d'un monde morne et triste. Elle était plus qu'un rêve, car réelle et plus belle à la fois.
Pourquoi ne pas la nommer ? C'est simple. Ma vie prend fin ici, mais la sienne continuera d'exister, heureuse je l'espère. Jamais je ne voudrais que ma mort ne vienne troubler son esprit ou lui insuffler quelque doute. Ma vie ne s'est jamais vraiment mêlée à la sienne, et je ne tiens pas à ce que ma mort ne vienne la troubler. Alors, je t'en supplie, respecte mon choix et ne cherche pas à découvrir son identité...
Ainsi, j'ai eu la chance de rencontrer dans la réalité ce que même en rêve, je n'osais concevoir. Oh ! Misère ! Quel changement pour mon esprit persuadé que la réalité n'avait rien à m'apporter ! Voilà que cette réalité que j'avais toujours méprisée jusque là me faisait découvrir qu'une simple personne avait la capacité annihiler tous mes rêves comme on balaye de la poussière. Oui, car c'est bien ce que j'ai pensé : mes songes n'étaient soudains plus que poussière !
J'approche de la fin, mon père, ma mère ou celui qui lit ces mots... C'est là le tournant de ma vie : apprendre que cette réalité tant haïe pouvait m'offrir plus que mes rêves. Quelle déception ! Non, sur le moment je n'ai pas voulu mourir. C'est bien plus cruel encore. Je n'ai pas compris tout de suite. J'ai pensé que le monde m'offrait une chance de le rejoindre et de quitter mes songes. Quelle illusion ! Des semaines durant, je l'observais de loin, et mon cœur battait à tout rompre lorsque la chance m'accordait une brève entrevue avec celle qui devint ma reine... Et puis j'ai appris que sa vie appartenait déjà à quelqu'un d'autre, j'ai appris qu'elle n'était pas faite pour moi, que jamais il ne m'aurait été possible me mêler à son existence... Déception, tristesse, douleur. En un mot, chagrin d'amour. J'ignore si c'est toujours aussi douloureux, mais je tiens à dire que ce fut vraiment horrible. Et même si ce n'est pas cette souffrance qui est cause de ma mort, je ne peux le nier, y mettre fin sera pour moi un tel soulagement...
Car le chagrin qui s'ensuivit n'est pas la raison pour laquelle je désire mettre fin à mon existence. Et je ne me cherche pas d'excuse, je ne suis pas un lâche, je ne te laisse pas, je ne vous laisse pas pour échapper à la douleur. La douleur, je la connais, elle a fait partie intégrante de moi durant toute mon existence. Une souffrance un peu plus forte n'aurait pu venir à bout de ce que j'étais... Mais je tiens à ce que tu le saches, je souffrais vraiment. J'ai tenté de l'oublier, mais sans succès. Je ne dormais plus, je n'avais plus goût à rien. Ce n'est qu'aujourd'hui, alors que je sais ce qui m'attend qu'à nouveau je peux contempler le monde qui m'entoure sans en avoir le cœur serré et son image qui s'impose à mon esprit maladif.
J'ai tenté ce que certains nomment la " pensée positive ", mais je n'ai trouvé qu'une impasse. La seule pensée positive que je pouvais avoir était celle qu'elle pourrait un jour m'accueillir dans sa vie. Mais cela était un rêve, car elle avait déjà quelqu'un, et très bientôt, j'allais commencer de nouvelles études loin, très loin d'elle et ne jamais la revoir. Aussi, à chaque fois que j'essayai d'imaginer un futur meilleur, je me rendais compte que seul l'oubli aurait pu m'apporter la paix... Mais oublier était hors de question. Car à ce moment elle faisait partie de moi et ferait partie de moi à jamais. L'oublier, c'était oublier une partie de moi-même et je ne pouvais m'y résoudre... Alors j'ai vécu quelques temps dans la douleur, l'observant de loin et pleurant souvent. Tu as peut-être remarqué que ces derniers temps je n'avais plus goût à rien. En voilà la raison.
Voilà pour l'amour. Le temps approche, le soleil est haut dans le ciel à présent, j'ai chaud, trop chaud... Sauter... Ce doit être si bon, sans rien pour freiner sa chute, le vent dans les cheveux et la certitude que le jeu est bien fini... Ne plus être soi-même musique...
Il me reste pourtant la fin à te conter avant de clore définitivement. Après quelques temps, j'ai compris. La réalité, les rêves, il n'y avait aucune différence. Ayant renoncé à elle, je décidai de m'interroger sur l'origine de ce chagrin. L'origine était ainsi : j'avais découvert que la réalité pouvait surpasser les rêves. Mais ce simple constat en appel un autre, bien plus lourd de conséquences : oui, la réalité ne diffère en rien des rêves. Simplement, elle est plus forte, plus présente en nos esprits... Je crois, je sais que rêves et réalité ne sont en vérité qu'une part d'un grand tout, une musique qui est tout, recouvre tout. Tout n'est, n'était et ne sera que musique ! Parfois douce, parfois cruelle, parfois ne racontant rien. Musique du monde et de ce qui n'est pas le monde. Il n'y a rien, il n'est rien ! Rien que ce refrain ! Comprends-tu ? Seule la musique est, car tout est musique, mélodie venue de nulle part et qui ne va nulle part. L'amour est musique, la mort est musique, le monde est musique, ce qui n'est pas, ce qui n'a jamais été, ce qui ne sera jamais, ce qu'on peut comprendre et ce qui n'a pas de sens... Tout est musique ! Le temps est musique, l'espace est un amalgame de notes, les rêves, les étoiles et ton âme sont des sons... Tout est musique !
Les hommes sont musique, chaque être est musique, chaque non-être est musique, et la musique est à la fois son propre instrument. Oui, car cette musique est son propre chef d'orchestre et ses propres instruments.
Mes rêves sont un refrain que, moi-même musique, j'engendre. Mais la réalité, elle-même mélodie, est plus forte que toutes les autres et son bruit assourdissant recouvre tout, si bien que les autres rythmes ne sont plus que des échos lointains et difficiles à cerner. Et nous, humains, nous faisons partie de cette réalité, si bien que faisant partie des notes qui la composent, nous ne pouvons nous en éloigner pour écouter les douces mélodies éloignées de la partition la plus forte. Et pourtant... s'éloigner de cette musique de folie qu'est le monde pour découvrir tout ce qui n'est pas tout en étant musique...
Comment ai-je compris cela ? Avant, je pensais que rêves et réalités n'étaient pas pareils. Et pourtant, j'ai contemplé dans la réalité quelque chose de plus beau que les rêves à travers mon amour... Cela m'a ouvert les yeux : il n'y a ni réalité ni rêves, juste un tas de notes dans le néant... C'est une intuition, une simple intuition, mais dont je suis certain de la véracité, car, le secret découvert, tout devient simple, très simple, trop simple...
Et moi, homme parmi les hommes, réel et matériel, j'étais condamné dans ma vie à rester accroché à ce tas de notes sans pouvoir m'y déplacer librement pour contempler les merveilles qui s'y trouvent. Attaché à la réalité, je ne pouvais m'en éloigner bien loin, même en rêve.
Je crois que tu devines la suite... Comprends-tu ? Je ne suis pas mort pour mettre fin à ma douleur ou pour oublier un amour. J'avais le rêve, j'ai trouvé mieux, et cela m'a fait comprendre la gigantesque partition dont je faisais partie.
Dès lors, tu pourras l'imaginer, je n'ai eu plus qu'une envie : me détacher de la grande partition. Effacer les notes qui me constituent pour errer librement dans la musique. Rejoindre le néant qui n'est rien et ne fait rien, mais que chaque note pénètre, car il n'y a rien d'autre... L'oublier elle, ange de lumière qui a obscurcit mon cœur, n'est dès lors que secondaire...
Mon récit touche à sa fin. Je vais sauter. S'il y a un Dieu, je l'en remercie. Alors que mes notes vont disparaître, il semble que la musique qui m'entoure se fasse plus ordonnée, plus belle et plus sereine. Le soleil éclaire mon visage qui, pour la première fois depuis longtemps, sourit. Mes yeux contemplent des fleurs sauvages, mon nez frémit des effluves du printemps, et toute la nature m'offre un concert d'adieu...
Je ne ressens plus rien que la confiance, la paix, la certitude d'un passage dans un état hors du temps. Je ne serai plus musique, je me contenterai, néant, d'écouter. Jamais je ne m'en lasserai, car le temps lui-même est musique, et car la musique n'a ni début ni fin... Elle est tout, infinie et inexistante à la fois... C'est tout, il n'y a plus rien à dire, mais beaucoup à écouter. Mes dernières paroles seront pour toi, monde. Vous qui
m'appréciez, je vous en prie, ne pleurez pas. A présent, je vous écoute, je suis avec vous, je suis en vous, je vois onduler vos vies et vos rêves, je ne suis plus musique, simplement, néant, j'écoute... Et si toi, lecteur, n'en peut plus d'être musique, rejoins-moi, rejoins le néant qui n'est rien et ne fait rien qu'écouter...
© 2000 CHARTON-FURER Yann
