Mourir un autre jour

Réflexion personnelle:

«Écrire, c’est se découvrir soi-même.
Lire, c’est découvrir les autres».

Un jour viendra, dont j’aurez peut-être eu le présage,
comme dans les visions de Nostradamus, ce mage.
Le jour où mon âme prendra son envol vers un monde meilleur,
laissant derrière elle un corps vide pour les pleurs.
Mais ce jour peut attendre.
Encore bien des objectifs, des buts vers lesquels tendre.

Accomplir sa mission. Accomplir sa destinée.
Ne pas partir avant d’avoir tout terminé.
Ne pas partir avant d’avoir laissé son empreinte sur le monde,
dans le «hall of fame» de l’humanité.
Une volonté, un désir d’éternité pour se réaliser en ce bas monde.

Avoir le temps de partager, d’aider,
d’écouter, de lire ce que les autres ont à exprimer.
Avoir le temps d’aimer, d’apprendre à aimer
et d’être aimé.

Avoir le temps d’atteindre la sagesse,
un niveau de conscience où plus rien contre nous ne se dresse.

Mourir un autre jour. Çà peut attendre, pas pressé.
«Ne m’appelez pas, je vous appellerez»,
que je répondrais à la secrétaire
de Saint-Pierre.
Avis aux croyants du Karma:
La vie n’est pas une punition.
Elle est une occasion, une bénédiction.
La chance de vivre quand notre mère n’a pas eu l’idée
de se faire avorter.

Mourir un autre jour.
C’est aussi savoir sauver sa vie.
C’est d’éviter de la sacrifier.
De la sacrifier par la vengeance,
le mépris, la haine et l’indifférence.
Se garder loin du traître orgueil,
c’est d’éviter de se fracasser contre un écueil.

Le Dieu Argent, seigneur de notre ère,
aux disciples milliardaires.
Grand asservisseur planétaire.
Au sortir d’une tour de Wall Street, un homme ruiné.
Pauvre à l’intérieur, il l’est devenu à l’extérieur.
Il a fait de l’argent son malheur.
Il s’est attiré vers lui l’ombre noire du trépas.
Le lendemain à son bureau il ne retourna pas.
La veille, désabusé, une balle en plein cœur.
S’il eut été en possession de meilleurs valeurs,
il n’aurait pas cessé d’exister.

Mourir un autre jour.
Pour voir le monde, de New-York à Singapour.
Pour voir grandir le dernier enfant à avoir vu le jour,
le sien.

Mourir un autre jour.
Pour pouvoir profiter des merveilles de la création,
le cadeau du créateur à ses enfants,
pour embellir leurs jours.
Pour pouvoir naviguer sur les eaux méditerranéennes
ou atteindre les cimes himalayennes.
Se donner des défis et les accomplir,
ne jamais défaillir.

Mourir un autre jour.
Croire en son pouvoir intérieur infini
et ne plus vivre dans les tourments de la nuit,
dans les ténèbres, mais sous la lumière du jour.
Chasser la peur qui rôde comme un vautour
et profiter de la vie jusqu’à son dernier jour.

Mourir un autre jour.
Ne pas mettre fin à ses jours, trouver la voie de l’émerveillement
et devenir riche comme un sultan.
Non pas d’argent, mais de cœur et d’esprit.


Sylvain Marquis 2002/04/18

 








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