Revivre

Lorsque l`on perd un être cher, ça crée un vide en nous, il est parfois très difficile à combler. Cela dépend de ce qu`était cette personne pour nous.
Le deuil peut être d`autant plus difficile, lorsque cette mort est une mort extraordinaire, c`est comme cela que les thérapeutes appellent le SUICIDE, parce que en plus d`avoir de la peine vous aurez à surmonter d`autres sentiments, comme l`incompréhension, la culpabilité, peut-être de la colère envers la personne décédée et aussi un sentiment d`abandon ce qui n`est pas le cas habituellement dans les autres deuils. Il vous faudra du temps pour retrouver la paix intérieure face à cette mort. Il vous faudra pardonner, accepter de ne pas tout comprendre ou même ne rien comprendre du tout à ce geste posé, de ne pas trouver le pourquoi? Il vous faudra accepter de ne pas trouver les réponses. Il faudra vous dire que vous ne pouviez pas choisir pour l`autre, c`était son choix et surtout arrêtez de vous dire : (J`aurais donc dû faire ou ne pas faire telle ou telle chose, dire ou ne pas dire etc...). Les regrets et la culpabilité ne mèneront nul part. Il faut plutôt vous rappeler les bons moments vécus avec l`être aimé. Un autre sentiment qui peut vous affliger est la honte, par crainte d`être jugé par les autres, il n`y a pas de honte à avoir. Moi je l`ai ressenti la première fois, j`ai perdu ma mère et mon frère, à 8 1/2 ans d`intervalle entre les deux. Nous avons pourtant toujours été une famille sans problème, sans violence, à l`aise financièrement, très heureux, mon frère étant de 4 1/2 ans mon aîné, pas d`autres enfants. Rien n`aurait pu supposer que cela nous arrive un jour. La première fois c`était ma mère, j`ai ressenti ce sentiment de honte, parce que j`avais peur que les gens me jugent MOI et non la personne suicidée. J`avais peur qu`ils disent que c`était ma faute, que j`aurais pu faire quelque chose pour la sauver. Lorsque les gens me demandaient de quoi elle était décédée, je ne savais quoi dire, je ne suis pas menteuse, mais là, il m`arrivait de mentir, par peur d`être jugée ou repoussée, comme si j`étais contagieuse. Parfois je disais qu`elle était malade ou qu`elle avait fait une crise cardiaque ou même que je n`avais pas envie d`en parler, ce qui était vrai d`ailleurs.
J`ai dû travailler fort sur moi-même pour en arriver à ne plus avoir ce sentiment de honte. Mais j`ai réussi. La deuxième fois c`était mon frère, je n`ai pas ressenti ce sentiment ou à peine. C`est plutôt la culpabilité qui m`a envahit et pas à peu près, c`était un sentiment très fort. J`ai dû cette fois faire appel à mon médecin pour m`en sortir, je me sentais couler au fond, j`avais trop peur de faire une dépression. Je n`ai pas pris d`antidépresseur. J`ai consulté une intervenante en milieu familial pendant quelques mois. Je ne suis pas complètement guérie, mais je suis sur la bonne voie, cela ne fait pas encore un an. Je ne vois plus mon intervenante. Ma volonté de continuer, je l`ai trouvé avec mes enfants, que j`aime plus que tout au monde. J`ai un garçon de 7 ans et une fille de 3 ans. Au début, je l`ai fais pour eux, pour qu`ils aient une maman de nouveau souriante, attentionnée. Et mon conjoint que j`aime de tout mon cœur. Maintenant je le fais pour moi, pour mon bien être, mon cheminement continue, je veux pouvoir vivre encore heureuse, je veux être bien, ne plus ressentir ces sentiments qui font mal. Ce choix leur appartenait, il ne m`appartient pas. Je dois vivre avec leur choix et l`accepter. Ils resteront toujours dans mon cœur. La perte de ma mère est vaincue, si je peux m`exprimer ainsi. C`est à dire que j`ai surmonté toutes les émotions reliées à son geste et à sa mort, même si elle me manque encore et me manquera toujours. Je garde son souvenir dans mon cœur et je peux vivre sans souffrance. Pour mon frère, j`ai encore du chemin à parcourir, la douleur est très présente. Je sais par expérience, que le temps m`aidera à cicatriser cette blessure. Je ne dois pas lâcher, je continue à travailler sur moi-même. Pour tous ceux qui ont perdu un être cher, je vous dis : ACCROCHEZ-VOUS À LA VIE, ne perdez pas espoir, même si la souffrance est parfois difficile à supporter, trouvez une personne en qui vous avez confiance, allez voir des professionnels, voyez votre médecin, dites-lui ce que vous ressentez, vous n`êtes pas seul, il y a plein de gens capable de vous aidez, il n`y a pas de honte à demander de l`aide. PLEUREZ, CRIEZ lorsque vous en ressentez le besoin, ne laissez pas le désespoir vous envahir. Vous avez le droit d`être heureux(se). Ne gardez pas tous ces sentiments en dedans, laissez-les sortir. Vous trouverez des forces insoupçonnées en vous, prenez le temps de vous arrêter pour songer à ce qui vous arrive, écrivez si vous aimez écrire, c`est très libérateur, je le dis par expérience. De mettre nos pensées sur papier peut nous aider à y voir plus clair. Relisez ce que vous avez écris. Prenez du temps pour vous, vous arrêter sur ce qui se passe dans votre cœur, dans votre âme. Un jour vous vous rendrez compte du chemin parcouru, la souffrance sera supportable et disparaîtra et il ne vous restera que les bons souvenirs de l`être aimé. Et vous pourrez vous dire: j`ai réussi, c`était son choix et moi j`ai le droit d`être heureux(se), c`est ce que l`être aimé aurait voulu. Moi je sais qu`ils sont fiers de moi, ils n`auraient pas voulu que je m`apitoie sur mon sort.










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