Il y'a quelques années, un drame m'arriva. J'étais à mon travail, quand un
ami de mon frère vient m'avertir que celui-ci était très mal en
point. Comme
j'avais coupé les liens depuis longtemps, je n'avais aucune nouvelle
de
lui. J'ai averti mon employeur et je suis allée voir ce que ce frère qui
était alcoolique pouvait bien avoir. Il restait en haut d'un bar donc
vingt
marches à monter. Rendu dans la cuisine commune je frappe chez lui. Il
n'avait qu'un petit lit et une petite table dans sa chambre. Il était
assis
et s'en allait doucement vers la mort.
Il toussait et crachait du sang. Il avait mal à la jambe droite et une
plaie
se logeait sur le mollet. Je lui ai demandé de venir à l'hôpital, sans
espoir
il refusa. À force de lui dire que c'était pour son bien, il a
finalement
accepté. Il avait de la misère à marcher et son souffle était court. Rendu
à
l'hôpital, je crois que je me vois comme dans un film. Le docteur le
reçoit,
il appelle l'urgence, on arrive avec la civière et quelques instants plus
tard il est branché aux soins intensifs. Je suis finalement allée le voir
quelques minutes mais il pleurait tant et tant, tellement il avait peur.
Je suis
repartie en pleurant aussi. Quelques jours plus tard il sort des soins
intensifs pour se retrouver dans une chambre voisine. Il est très maigre,
il ne
sent pas sa jambe ce qui est très inquiétant aussi. Quand il va à la salle
de
bain avec sa béquille il tombe souvent et devient très agressif. Le
médecin
va le voir souvent et lui explique aussi qu'il devra soit rester dans un
foyer d'accueil ou prendre pension dans un endroit où il n'aura pas de
boisson, où il pourra bien manger et aucune marche aussi, vu l'état de sa
jambe. Il refuse catégoriquement disant qu'il retourne dans sa chambre.
Il a peur, il pleure et ne sait pas quoi faire et ce qui l'attend aussi. Le
médecin me parle seule en me disant que c'est possible qu'il se fasse
amputer si la plaie continue à grossir et aussi pour donner une chance à
son cœur,
c'est qu'il est très faible puisqu'il n'éjecte que 7%.
Il me dit aussi qu'il n'a que 3 mois environ à vivre. Quel choque!!!!!
Je ne réalisais pas, je n'avais jamais pensé à l'amputation. À sa sortie de
l'hôpital mon frère Paul l'héberge un mois, pendant ce temps j'avertis ma
nièce
de
libérer ma maison pour y loger mon frère. Je vais chercher ses effets
personnels mais y n'avait pratiquement rien. Alors au bout de ce mois il
restera dans mon logement où je verrai à tout. Je désinfecte sa plaie qui
est
vraiment affreuse. Il est impatient, je dois aussi l'aider à s'asseoir dans
le bain. Un jour, il doit se rendre à l'hôpital, sa
jambe est très enflée il se lamente jour et nuit dans le logement. Il
restera encore un mois. Finalement le médecin doit en venir à
l'amputation.
Il doit accepter mais il est content parce qu'il souffre tellement. Mais
le
pire, on sait pas trop comment l'amputer. On lui offre deux choix, le
premier faire geler la partie à amputer qui va jusqu'en haut du genou ou
bien, l'endormir mais il risque de pas de réveiller vu la faiblesse de son cœur. Il opte pour le second choix.
Finalement tout se passe bien. Il se réveille et me voit, il pleure et
moi
aussi. Il restera 2 semaines à l'hôpital. Il demande d'avoir une prothèse.
Quelques semaines plus tard, les voyages à l'hôpital qui est à 1 heure
de chez moi
pour renforcir le moignon. J'ai appris de nouveau à le connaître et à l'
aimer.
Ça durera trois mois. Comme il a travaillé fort, il passait la semaine là
pour pouvoir faire ses exercices. Il a finalement gagné sa prothèse. Mais
il
la portait peu, il avait de la difficulté sûrement à accepter.
Malgré la courte période
de 3 mois que lui prédisaient les médecins, il a vécu 3 belles années qui
lui permirent de se réconcilier avec la vie, avec moi et ainsi pouvoir
partir en paix avec lui-même. Il aura resté trois ans dans son petit ciel
comme il disait souvent.
Ta sœur


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